L'élection d'un pape | Ad hoc, la série de balados

par Enseigner l'ÉCR 22 février 2013 06:30

 

L’élection d’un nouveau pape marque une étape importante dans la vie de l’Église catholique. La démission de Benoit XVI enclenche un processus singulier, encadré à la fois par la tradition et les besoins actuels de l’Église.

 

Que se passera-t-il au cours des prochains jours entre les murs de la chapelle Sixtine? Que feront les cardinaux? Quels critères seront pris en compte pour choisir celui qui prendra la gouverne de l’Église?

 

Entretien avec Gilles Routhier, théologien et doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, spécialiste de Vatican II et de l’Église catholique.

 

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>>> Élection d'un pape Adhoc.mp3

>>> Disponible sur Itune (dans les prochaines heures)

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Crédit photo de la une: Alberto Luccaroni via Wikimedia Commons

 

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Actualités | Ad hoc

Conférence : cours de religion en Flandre et en Belgique

par Enseigner l'ÉCR 7 janvier 2013 14:30

Le Module ECR et Enseigner l’ÉCR! de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval vous invite à une conférence-midi :

 

Cours de religion en Flandre et en Belgique.

Situation actuelle et débats

 

Cette conférence sera prononcée par le professeur Patrick Loobuyck du Centre Pieter Gillis, University of Antwerp et Ghent University, Belgique

 

Lundi 21 janvier 2013 | 11 h 45 à 12 h 30 | Salle 413, Félix-Antoine-Savard


Patrick Loobuyck a étudié les sciences des religions à l’Université catholique de Leuven et l’éthique à l’Université Ghent. Il est présentement professeur au Centre Pieter Gillis de l'Université d’Antwerp (Anvers) et professeur invité à l'Université de Ghent. Ses recherches portent sur le libéralisme, les rapports Églises et États, la religion dans la sphère publique, l'éducation religieuse, le multiculturalisme, Habermas et Rawls. Il a publié dans plusieurs revues nationales et internationales, notamment Journal of Church and State, British Journal of Religious Education, Journal for the Scientific Study of Religion and Ethnicities.

 

Activité publique | Bienvenue à tous

 

Informations: Jean-Philippe Perreault 418 656-2131, poste 3523 | FAS - 710

jean-philippe.perreault.2@ulaval.ca

Affiche: Conférence_Religion_Belgique.pdf (370,17 kb)

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À l'agenda

"Épouse de Jésus": prudence, dit un spécialiste

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 19 septembre 2012 14:59

Alors que le scoop "sur la femme de Jésus" fait le tour du monde, le professeur Louis Painchaud, spécialiste de l'histoire et de la littérature du christianisme ancien à l'Université Laval, est en congrès à Rome où le (déjà) fameux manuscrit fut présenté hier. Avec son autorisation, nous reproduisons ici les premières réactions qu'il partageait à ses étudiants et collègues par courriel plus tôt aujourd'hui.


Rome, le 19 septembre 2012


J’ai assisté hier soir dans une salle de l’Institutum Augustinianum, où se tient le congrès de l’Association internationale des études coptes, à la conférence de ma distinguée collègue de l’Université Harvard, la professseure Karen King concernant un fragment de papyrus conservé en copte qui lui a été communiqué il y a près d’un an par un collectionneur souhaitant garder l’anonymat. Au même moment, le New York Times publiait en manchette: «The Gospel of Jesus’ Wife’. A historian of early Christianity at Harvard Divinity School has identified a papyrus fragment in the Coptic language that she says contains the first known statement saying that Jesus was married. The fragment also refers to a female disciple. » [Source]

 

Ce petit fragment contient en effet  le début d’une phrase copte que l’on peut traduire : « Jésus  leur dit : « Ma femme… » dont la suite se perd dans une lacune.


Immédiatement,  la bloguosphère s’est emballée et les médias du monde entier ont fait écho à ce scoop.


Le fragment est disponible sur le site Web de l’Université Harvard, ainsi que le texte d’un article en préparation de la professeure King.


Indépendamment de son contenu et du traitement sensationnaliste qu’on lui accorde, le simple aspect matériel de ce petit fragment de papyrus et de l’écriture qui le recouvre soulève de nombreuses questions que je n’ai guère le temps de reprendre ici mais qui incitent à la plus grande prudence.

 

On se trouve devant deux possibilités : 1) il s’agit d’un faux, ce qui pourrait être vérifié par une analyse de l’encre. Une telle analyse n’a pas encore été effectuée; 2) il s’agit d’un fragment d’un authentique manuscrit ancien.

 

Si le manuscrit s’avérait authentique, il faudrait alors essayer d’établir de quel genre de texte il provient. Or rien n’indique qu’il provienne d’un « nouvel évangile chrétien copte » (c’est le titre de la conférence de la professeur King : « A New Coptic Christian Gospel »), et désigner ce fragment comme «The Gospel of Jesus Wife » (site web Harvard Divinity School) est pour le moins sensationnaliste. En fait, on ne connaît rien du type de document dont ce fragment provient, ni de sa datation, ni du contexte littéraire auquel ces quelques lignes appartiendraient si leur authenticité était confirmée.

 

Outre l’aspect matériel douteux du fragment et de l’écriture qui le recouvre, on s’étonnera d’y trouver en si peu d’espace deux affirmations correspondant exactement à certaines attentes contemporaines, à savoir que Jésus était marié et que sa femme était digne d’être sa disciple.

 

Que l’on se rappelle l’ossuaire de Jacques « le frère de Jésus » qui a fait sensation il y a quelques années et qui s’est avéré un faux. Que l’on se rappelle encore, plus récemment, la réhabilitation de Judas dans l’Évangile de Judas, réhabilitation qui s’est avérée toujours plus problématique à mesure que l’on comprenait et traduisait mieux le texte de ce manuscrit.

 

Je vous invite à lire les commentaires très pertinents que James Davila et Mark Goodacre ont publiés sur leurs blogues respectifs.

 

Louis Painchaud

 

 

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Analyses|réflexions

Livre: De l'exigente conciliation entre le soi, l'autre et le nous

par Enseigner l'ÉCR 6 juin 2012 20:55

 

Vient de paraître, aux Presse de l'Université Laval l'ouvrage Le programme d'éthique et culture religieuse: de l'exigente conciliation entre le soi, l'autre et le nous. Sous la direction de Mireille Estivalèzes et Solange Lefebvre (UdeM) l'ouvrage cherche à « nourrir la réfexion sur le programme d’éthique et culture religieuse lui-même, mais se veut aussi une contribution aux débats sur des questions de société aussi essentielles que les modèles de gestion  politique et éducative de la diversité religieuse, les notions de neutralité, de laïcité et de sécularité, ainsi que les valeurs culturelles que doit privilégier le Québec

 

Présentation du livre

 

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Actualités

Colloque Enseigner les religions

par Enseigner l'ÉCR 11 mai 2012 20:47

 

À l'Université Laval,  du 23 au 25 mai 2012, se tiendra le colloque «Enseigner les religions. Regards et apports de l'histoire».

 

«Au cœur des débats actuels sur la place des religions dans l'éducation, la tolérance, le dialogue interreligieux, les chercheurs s'intéressent à l'apport de l'histoire dans la formation des intervenants et enseignants, dans l'élaboration des contenus, la recherche fondamentale et l'enseignement universitaire. Ils poursuivent le dialogue avec les sciences sociales, religieuses et la théologie

 

Ce colloque est organisé en partenariat avec le Centre interuniversitaire d'études québécoises et le Département

d'histoire, la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval. 

 

Programme et inscriptions: http://enseignerreligions.cieq.ca (gratuit pour les étudiants).

 

Deux séances (25 mai) portant sur l'enseignement du religieux dans les sociétés sécularisées semblent davantage directement liées à l'enseignement de l'ÉCR

 

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À l'agenda

Attribution du nom chez les Abénakis

par Enseigner l'ÉCR 13 avril 2012 06:24

Dans le cadre des Rencontres 2012 en ÉCR, nous recevions Nicole O'Bomsawin au sujet des cultures et des spiritualités des Premières nations. Pour ce deuxième épisode de la série Ad hoc, madame O'Bomsawin nous présente comment son nom lui fut attribué, entre le catholicisme, les traditions de son peuple et la modernité.

 

 

Épisode:

Attribution_nom_Abenakis_NOBonsawin.mp3 (14,05 mb)

Disponible sur Itune

 

 

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Ad hoc

Cultures et spiritualités des Premières nations

par Enseigner l'ÉCR 15 mars 2012 09:35

 

 

Dans le cadre des Rencontres 2012 en ECR

Cultures et spiritualités des Premières nations


L’univers des cultures et spiritualités autochtones est complexe. S’y intéresser exige de s’affranchir plusieurs clichés, d’en saisir la diversité et de comprendre l’histoire de ces peuples.

 

Mardi 27 mars | 9 h à 11 h 30 | Local 012, pav. Félix-Antoine-Savard


Rencontre avec Nicole O’Bomsawin. Anthropologue et muséologue de formation, elle se décrit comme une raconteuse. Directrice du Musée Abénakis d’Odanak pendant plusieurs années, elle recevait en 2011 un doctorat honoris causa (UdeM) pour son travail « de perpétuation d'une culture abénakise revitalisée » et de « transmission d'une histoire son peuple».

 

Activité publique | Bienvenue à tous

 

Informations et affichette : Affiches_Rencontre2012ECR2.pdf (802,42 kb)

 

 

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À l'agenda

Rencontres 2012 en ECR

par Enseigner l'ÉCR 1 mars 2012 14:49

Pour une deuxième année, Enseigner l'ÉCR!, en collaboration avec l'AQECR et le Bureau de la vie étudiante de l'Université Laval, organise les journées d'étude en ECR qui prennent l'appellation cette année de "Rencontres". Deux activités sont proposées: 

 

 

Fugue – À la rencontre de l’autre

Le lundi 5 mars, fuguez et découvrez quatre communautés de foi dont on entend souvent parler sans pour autant les rencontrer (musulmane, juive, bouddhiste et chrétienne réformée). 

 

 

Cultures et spiritualités des Premières nations

L’univers des cultures et spiritualités autochtones est complexe. S’y intéresser exige de s’affranchir plusieurs clichés, d’en saisir la diversité et de comprendre l’histoire de ces peuples.

 

Le mardi 27 mars, rencontrez  Nicole O’Bomsawin. Anthropologue et muséologue de formation, elle se décrit comme une raconteuse. Directrice du Musée Abénakis d’Odanak pendant plusieurs années, elle recevait en 2011 un doctorat honoris causa (UdeM) pour son travail « de perpétuation d'une culture abénakise revitalisée » et de « transmission d'une histoire son peuple».

 

 

Détails : Affiche_Rencontres2012ECR.pdf (816,51 kb)

 

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À l'agenda

Se fier à Wikipédia en culture religieuse? L’avis de trois experts.

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 23 février 2012 20:52

Elle est incontournable. Quelle que soit la requête, c’est à elle que ce pantocrator du Web qu’est Google nous confie en premier lieu, bien souvent. Wikipédia est-elle pour autant une source fiable pour les enseignants en culture religieuse?

 

[ Article en PDF:SefieraWikipedia.pdf (544,79 kb) ]

 

L’encyclopédie libre Wikipédia a plus de 10 ans maintenant. Avec ses 1 200 000 et quelques pages et son million de visites à l’heure – en français seulement –, difficile de nier l’importance de cette icône du Web collaboratif. Lorsque ce n’est pas leurs élèves qui s’y précipitent, ce sont les enseignants qui, par choix ou dépit, y cueillent l’information nécessaire à la tenue des activités d’apprentissage qu’ils préparent.

 

La bête a de nombreuses qualités : accessible, rapide, vulgarisée, « hyperreliée », gratuite. Lieu de la mise en commun des savoirs, les articles proposés par tout un chacun sont discutés, commentés et corrigés par la communauté. La régulation par les pairs est-elle suffisante pour assurer la qualité de cette œuvre 2.0? À l’invitation de Enseigner l’ÉCR!, nos experts ont mis les habits de l’internaute et ont scruté, à eux trois, douze pages associées à leur domaine d’enseignement et de recherche. Un coup de sonde dans l’univers wikipédien qui invite à la prudence à défaut d’abstinence.

 

Quelques grandeurs... et plusieurs misères

 

Pareil exercice d’exploration est sans contredit limité. Il ne s’agit en rien d’une analyse exhaustive. D’ailleurs, la difficulté d’avoir un regard critique global témoigne à la fois de la grandeur et de la misère de l’outil : la qualité de l’information varie significativement d’un article à l’autre, les contenus se modifient, les savoirs sont dépendants de l’expertise des contributeurs et de leur engagement dans le processus de rédaction.

 

Ainsi, Alain Bouchard, enseignant au Cégep de Ste-Foy, chargé de cours à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval (FTSR) et spécialiste des nouvelles religions, est d’avis que l’article « secte » constitue une « bonne présentation du concept sociologique et de la difficulté de le définir ». Il s’agit d’une description pertinente « des enjeux et les controverses entourant la lutte contre les sectes. » Un point de vue partagé par Dominic Larochelle, chargé de cours et chercheur à la FTSR. «Il s’agit d’une bonne analyse sociologique, peut-être écrite par un spécialiste universitaire. L’auteur donne non seulement une définition du mot secte, mais également une analyse de son utilisation dans différents contextes. L’article fournit une très bonne bibliographie, séparée en différentes catégories », soutient celui qui est aussi intervenant et responsable des bénévoles au CROIR.

 

Autre page, toute autre réalité. Professeur à la FSTR et spécialiste des religions de l’Inde, André Couture est catégorique : la page consacrée à l’hindouisme, au moment de sa consultation, « ne fait pas partie des sources fiables à mettre entre les mains des enseignants et de leurs élèves. » D’abord, on y retrouve de nombreuses erreurs et imprécisions qu’il illustre par quelques exemples « choisis presque au hasard ». Concernant les Védas, Wikipédia soutient qu’ils ont été révélés par le Brahman. Or, comment est-ce possible, se demande le professeur Couture, « si le Brahman est bien une entité impersonnelle qui ne peut prendre aucune initiative, même pas celle de se révéler? » « Et cela d’autant plus que l’on ajoute un peu plus loin que " les Védas seraient non personnels et sans commencement ni fin ". » Il poursuit : « je me demande encore comment on peut affirmer qu’à l’intérieur des Védas, les Brâhmana sont " les textes liturgiques et de rituel" , que les Âranyaka, c’est "la section théologique" et que les Upanishad, c’est " la section spéculative" ? Il faut de toute évidence n’avoir jamais eu de contact avec ces textes, même en traduction. »

 

Autres exemples, si besoin est : « l’auteur de l’article note que, d’après les Upanishads, " les bêtes et les humains sont frères" : un langage qui sonne plus occidental que proprement indien », nous dit M. Couture. « La même page assigne même une date précise au sage Yâjñavalkya, (630-583 av. J.-C.) : un défi aux connaissances actuelles. » Bref, la conclusion du spécialiste est sans équivoque : « impossible à un élève de se retrouver dans ce fatras. »

 

Problème de perspective

 

Et le plus important est que ces erreurs ne sont pas que des inexactitudes et des imprécisions. Elles traduisent une interprétation « qui se situe, dans la mesure où je puis en juger, dans le cadre d’une approche ésotérique de l’hindouisme s’inspirant surtout d’auteurs comme René Guénon, Jean Herbert, Alain Daniélou, mais avec suffisamment de références à des spécialistes reconnus (Dumézil, Esnoul, Biardeau, Flood, etc.) pour en maquiller l’option fondamentale et brouiller les pistes. » Cette option – difficile à débusquer pour le lecteur qui n’est précisément pas un connaisseur puisqu’il se retrouve sur Wikipédia – s’avère pourtant « l’illustration typique de ce qu’on refuse autant que possible de faire en sciences des religions », affirme M. Couture. « Pour être simplement lisible, cet article demanderait à être revu de fond en comble, et il faudrait au moins en situer d’emblée clairement le point de vue. Même si on peut toujours y trouver des informations exactes, ce texte ne reflète pas dans son ensemble la position des sciences des religions (histoire, anthropologie, études littéraires, etc.).»

 

Des hauts, des bas et des ballotements

 

Entre ces deux cas de figure, plusieurs pages, tout en étant intéressantes, méritent une considération retenue. Ainsi en est-il de « Religions chinoises », page pour laquelle Dominic Larochelle – qui donne un cours précisément sur ce sujet – soutient qu’elle « ne manque pas d’intérêt » bien qu’elle « insiste trop sur les différentes traditions religieuses prises séparément (taoïsme, bouddhisme, christianisme, etc.) et pas assez sur les relations qu’elles entretiennent dans l’histoire pour former la religion chinoise. » M. Larochelle ajoute cependant que « la partie sur le taoïsme est pauvre et renferme quelques inexactitudes » et que « le texte contient peu de références, et aucune référence académique ». En somme, une ressource « intéressante pour une vue très générale, mais inégale sur bien des points. »

 

Alain Bouchard formule des remarques du même ordre concernant l’article portant sur les témoins de Jéhovah. Tout en considérant qu’il s’agit d’une « bonne description de l’histoire, des croyances et des pratiques », il est d’avis qu’une trop grande importance est accordée aux conclusions et interprétations de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaire (France). Il donne pour exemple l’insistance sur le rapport parlementaire français de 2006 concernant l’influence des milieux sectaires sur les mineurs qui, selon Wikipédia, « évoquait un conditionnement et une culpabilisation des enfants et s'inquiétait de l'incapacité du développement de l'autonomie et des troubles psychologiques qu'engendrerait la "séparation d'avec le monde" ». « Cette affirmation est très tendancieuse, dit M. Bouchard, et contredite par plusieurs psychologues et sociologues. Il faudrait trouver dans l’article des références à ces travaux. »

 

De même, les quelques articles concernant les nouvelles religions consultés souffrent soit d’une description « très près de la vision interne du groupe », soit d’une présentation marquée par des « des références au contexte antisectaire français ». Pour le sociologue des religions, les renseignements présentés n’arrivent pas toujours à dépasser les aspects sensationnalistes et controversés. Il en va ainsi pour l’Église de scientologie et le mouvement raëlien. Dans ce dernier cas, « l’article est superficiel et truffé d’inexactitudes. Encore une fois, on met l’accent sur les aspects sensationnels du mouvement sans bien les situer dans leur contexte. On n’y retrouve aucune information sur la vision religieuse du groupe ». Et la section « discussion »? « De façon générale, on sent toujours la tension entre la promotion et la dénonciation », constate l’expert.



Le Web : contenu actualisé?

 

L’une des forces prétendues des ressources en ligne tiendrait en la facilité avec laquelle elles peuvent être mises à jour, ce qui suggère que que l’information qui s’y trouve est à la fine pointe de la recherche. Or, prenons pour exemple l’article sur la religion traditionnelle chinoise. D’emblée, Dominic Larochelle s’interroge sur l’appellation « religion traditionnelle » qui est « rarement utilisée par les spécialistes de la Chine pour décrire ce qu’on nomme plutôt la religion populaire. » En plus de « quelques anomalies dans les explications », le document numérique « ne comporte aucune référence. La bibliographie ne contient que les livres de Marcel Granet publiés en 1922 et 1934. Ces livres restent des classiques, mais beaucoup d’études plus poussées ont été publiées depuis ce temps. » Même constat pour le taoïsme. Bien que « l’auteur du texte connaisse les classiques et les études récentes en français, il reprend de vieilles interprétations qui ont été aujourd’hui révisées, en particulier dans les milieux américains. Il insiste un peu trop, selon l’intervenant du CROIR, sur l'existence d'une soi-disant école philosophique et néglige l'aspect plus liturgique et cultuel du taoïsme. En effet les récentes recherches nuancent l'importance, dans le développement du taoïsme, de ce courant philosophique, auquel on associe des textes comme le Daode jing et le Zhuang zi. » Résultat : ici aussi, quelque chose « d’intéressant mais d’inégal ».

 

Interpellations

 

Humble et sans prétention, cette exploration pose tout de même question. Une analyse semblable, publiée dans le journal en ligne Firstmonday, en arrive à des conclusions plus troublantes encore. Sur les 22 articles examinés par des experts de différentes disciplines, seulement 12 ont été considérés comme acceptables. Pourtant, ils apparaissaient tous sur la courte liste des « contenus de qualité » (featured articles) rassemblant « les meilleurs articles offerts sur Wikipédia ». Qui plus est, ils ont été évalués à l’aide des critères que Wikipédia dit appliquer pour établir ce choix.

 

Plus que de condamner sans nuance, l’enjeu est de montrer les limites de l’outil. Dans un dossier sur l’usage de Wikipédia en éducation, Patrice Létourneau nous avertit : « il importe de réitérer que si Wikipédia constitue un point de départ intéressant pour débuter une recherche, en revanche ladite recherche ne doit jamais ô grand jamais se terminer avec Wikipédia. » Semble s’appliquer ici l’adage journalistique : multiplier les sources, vérifier, vérifier et contrevérifier. Seulement, si l’on s’impose ce processus, l’encyclopédie en ligne la plus populaire du Web perd de son intérêt, soit d’offrir rapidement et facilement des contenus.

 

Les chercheurs et les spécialistes de différentes disciplines sont aussi interpellés par de pareils constats. Les milieux universitaires ne devraient-ils pas porter davantage attention à ces nouvelles modalités de circulation des connaissances? N’y a-t-il pas un appel à y contribuer directement ou par d’autres modes de diffusion?

 

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Analyses|réflexions

Le temps de la fête

par Enseigner l'ÉCR 18 décembre 2011 07:41

Les chocolats du calendrier de l’Avent n’auront jamais été aussi bons. Rien à voir avec la qualité douteuse de la friandise. C’est que nous en sommes à cette dernière semaine de soustraction des jours et d’addition de l’excitation. L’excitation de la fête dont les adultes gardent plus ou moins vivant le souvenir et au nom de laquelle ils désirent créer ou de recréer ces moments qui font l’enfance.

 

Comme toutes les fêtes, Noël est en partie un rite de transgression et de renversement.

 

Un rite puisqu’il répond à un ordre, à des régies, à des histoires. Si la manière de faire évolue sans cesse, personne n’invente Noël pour autant. On s’attache à des gestes, à des paroles. On s’inscrit dans un temps plus long qui est à la fois celui des générations précédentes et de sa propre enfance. On rappelle ou appel le « traditionnel ».

 

De renversement puisque cet agir conventionné (Noël à ses couleurs, ses décorations, ses menus, ses horaires, ses attentions, son consumérisme…) vise à suspendre temporairement d’autres conventions : celles qui font l’ordinaire et la routine. On met entre parenthèses l’horaire habituel, le régime alimentaire, les préoccupations, l'école, le travail pour répondre aux  normes de la fête et de l’excès contrôlé. On transforme le quotidien par des décorations, des cadeaux, de la bouffe abondante, de l'alcool, des jeux, des chants, des coutumes inaccoutumées… C’est le festival du « spécial ». On y produit de l’ « extra-ordinaire », source d’excitation des petits comme des grands.

 

Et ce renversement apparaît toujours nécessaire. Il permet de créer des moments marquants qui donnent sens aux trois-cent-soixante quelques jours restants. Il offre l’occasion de s’extirper momentanément des contraintes et des obligations usuelles en modifiant le rapport au temps, en créant des souvenirs, en dégageant un espace pour faire le point sur sa vie, prendre du recul et du repos. Il y a un avant (ou Avent) et un après Noël.

 

Fêtes, rites quotidiens et de passage, pratiques ascétiques, calendriers, les traditions religieuses ont en commun de proposer une régulation du temps. Ces nombreux moments servent à faire mémoire, à créer de la communauté, à faire naître des identités, à se lier à ce qui dépasse. De manière plus anthropologique, nous pourrions dire que ces instances de régulation sont aussi des remparts qui évitent que le temps n’échappe, glisse, fuie. Les fêtes, explicitement religieuses ou non, sont des prises sur la vie.

 

Se pourrait-il alors que le manque de temps qui caractérise notre époque ait à voir avec notre capacité à faire la fête?

 

À chacun, un très joyeux temps des fêtes!

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