Cartographie du réseau collaboratif | Bilan de l'an 1

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 12 décembre 2011 20:48

Début novembre 2010. La Faculté de théologie et de sciences religieuses lance le site Enseigner l’ÉCR! et s’engage dans le « 2.0 » désirant ainsi contribuer à l’enseignement de l’éthique et de la culture religieuse au primaire et au secondaire. En marge d’un bilan détaillé en cours d’élaboration, voici quelques réflexions qui émergent d’un regard sur la dernière année. Deuxième de trois billets.


Afin de rendre ce processus plus concret, il nous faudrait établir une cartographie de réseau collaboratif dont nous mentionnions les apports dans un premier billet. Voici quelques repères qui ne sont en rien exhaustifs, mais qui évoquent nos découvertes et fréquentations. Peut-être sauront-ils être utiles à ceux et celles qui sont moins familiers avec le recours aux médias sociaux en éducation.

 

Des acteurs

Dans notre «monde» 2.0, il y a des acteurs : enseignants, conseillers pédagogiques, chercheurs, professeurs d’université, intervenants d’organismes divers. On en retrouve plusieurs dans le répertoire EduT. On croise certains plus fréquemment. On découvre leurs préoccupations, leurs défis, les ressources qu’ils ont développées ou adoptées.  


Parmi ceux-ci, nombreux sont ceux qui, à un moment ou l’autre, agiront comme personnes-ressources en mettant à contribution leur expérience et leur expertise; en partageant leurs bons et moins bons coups; en donnant un coup de pouce tant réflexif et conceptuel que pratique et technique. Dans notre cas, la liste est longue. En voici quelques-uns, choisis simplement pour illustrer la diversité du réseau qui est désormais le nôtre. Que tous ceux que nous ne nommons pas soient par ailleurs assurés de notre reconnaissance. 

 

Nous partageons des intérêts immédiats avec certains. C’est le cas de Benoit Petit (@petitbenoit) du RECIT développement de la personne qui traite de l’intégration des TIC en ECR et avec qui nous avons eu des collaborations à la fois « virtuelles » et « réelles ». C’est le cas également de Marc-André Caron (@marcandrecaron), enseignant au secondaire de la région de Montréal (en ECR l’an passé) poursuivant une maîtrise sur l’utilisation du blogue pour la pratique du dialogue. Ou encore Mélanie Truchon (@Meltruchon), enseignante au secondaire en ECR de la région de Québec qui a osé utiliser le microblogue (EnDirect) avec ses élèves. Et aussi Marie-Josée Harnois (@mariejoharnois) conseillère pédagogique en ECR, notamment, avec qui nous partageons des ressources de temps à autre.

 

Nous avons l’occasion d’échanger avec de nombreux enseignants que nous n’aurions probablement jamais eu la chance de croiser sans le concours de Twitter. Pensons à Sylvain Bérubé (@sylberu), enseignant de français au secondaire de la région de Québec; Emmanuel Gunther (@le_gugu), enseignant à Lille ou Jacques Dubois (@jackdub), enseignant en informatique à Dijon dont les idées et propos permettent d’envisager autrement les enjeux.

 

Plusieurs membres du réseau sont des sources intarissables d’informations et de réflexion. C’est le cas de Véronique D’Amours (@verodamours), responsable de la veille au RIRE (Réseau d’information pour la réussite éducative) ou de Jacques Cool (@zecool) technopédagogue Néo-Brunswickois, pour n’en nommer que deux.

 

Des enseignants nous font pratiquement une place dans leur classe (Iclasse ou Hyperclasse). Pierre Poulin (@ppoulin) et François Bourdon (@FrancoisBourdon) sont de ceux-là.

 

Plusieurs sont des dynamos. Pensons entre autres à Christine Renaud (@christinerenaud), animatrice de communauté au Musée virtuel du Canada, entre autres. Comme fut titré un article ce printemps, « le ClavED, c’est elle! »

 

D’autres encore ont la sagesse du recul et de la réflexion. Mario Asselin (@marioasselin), blogueur aux avis attendus et respectés, est de ce nombre.

 

Et il y a des élèves et des étudiants : les « amis » de la classe de 5e de l’école St-Gérard (@5Astgerard) et leur enseignant Pierre Gagnon (@P_Gagnon), les branchés – dans tous les sens du terme – comme Marc-Olivier Gingras (@Marcoliviero) ou de futurs enseignants qui utilisent Twitter dans le cadre de leurs cours (comme ceux du groupe #tenaut11 cet automne).

 

Et combien d’autres…

 

Des « institutions »

Certains organismes sont des références dans le milieu. Mentionnons simplement le RIRE CTREQ, Thot cursus, Cybersavoirs

 

Des médias

Des nombreux blogues d’enseignants (par exemple le PédagoTIC de @pgiroux) aux revues en ligne, l’univers est riche et au bout des doigts.

 

Des véhicules

Wiki, blogues, Diigo, Skype, Paper.li, Storify, Google documents, groupe Facebook… les moyens ne manquent pas et l’innovation tient non pas à ces technologies, mais à ce qu'on en fait lorsqu’elles s’insèrent dans un projet pédagogique signifiant et novateur.    


 

Des places publiques

Il y a quelques lieux de rencontre pour tous ces acteurs. Le Claved, cette discussion hebdomadaire sur twitter en éducation, est un incontournable. Mais nous pensons également à partajeunes où il est possible de réagir directement aux propos d’élèves qui utilisent de manière éducative les blogues. Et aussi un projet en cours d’élaboration : SynapTIC.  

 

*  *  *

 

Non sans raison, plusieurs analyses ont insisté sur le caractère narcissique des médias sociaux. On peut en effet s’interroger sur l’usage qu’en font certains alors qu’ils étalent sans pudeur ce qui, il n’y a pas si longtemps, appartenait au territoire de l’intime. Seulement, notre exploration de la dernière année nous force à dire que ces mêmes médias sociaux peuvent se révéler d’une extraordinaire efficacité lorsqu’utilisés dans une perspective « professionnelle », éducative ou de recherche. Nous y avons découvert un écosystème ouvert, accueillant, courtois et stimulant.

 

Prochain billet: récit d'une expérience pédagogique

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Analyses|réflexions

De la diffusion à la collaboration : une année « 2.0 » | Bilan de l'an 1

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 26 novembre 2011 08:28

Début novembre 2010. La Faculté de théologie et de sciences religieuses lance le site Enseigner l’ÉCR! et s’engage dans le « 2.0 » désirant ainsi contribuer à l’enseignement de l’éthique et de la culture religieuse au primaire et au secondaire. En marge d’un bilan détaillé en cours d’élaboration, voici quelques réflexions qui émergent d’un regard sur la dernière année. Premier de trois billets.

 

 

Au fil des derniers mois, nous avons déposé sur le site Enseigner l’ÉCR! des ressources, nous avons répondu à des questions d’enseignants, nous avons réfléchi de manière ouverte aux enjeux pédagogiques et didactiques. Beaucoup reste à faire et il nous faut être patient.

 

Sur les conseils des programmeurs et concepteurs de la FTSR, nous avions établi dès le départ que le projet Enseigner l’ÉCR! devait aller au-delà de la banque d’informations ou de l’encyclopédie en ligne. Même sans être geeks ou geekettes, nous savons bien que le merveilleux monde du Web est passé à une autre étape depuis quelques années. Seulement, il faut s’y plonger pour en prendre toute la mesure. C’est le risque que nous avons pris. Si le site Enseigner l'ÉCR! est ni plus ni moins que le vaisseau amiral de nos investissements Web, nous avons tenu à l’équiper de trois outils complémentaires : ce blogue, une page Facebook et deux comptes Twitter (@enseignerecr et @jpperro). Au départ, le recours aux médias sociaux visait à faire connaître nos ressources. Rapidement, nous avons saisi la richesse du réseau des passionnés de l’éducation dans lequel nous étions en train de nous inscrire. Un an plus tard, nous en récoltons les fruits. Des bénéfices dont, bien honnêtement, nous ne soupçonnions pas la nature. 

 

La métaphore la plus simple pour expliquer l’apport de ce Web collaboratif et interactif demeure celle des conversations informelles et souvent impromptues que nous pouvons avoir entre collègues. Vous savez, ces discussions de cadres de porte ou de machine à café qui, bien que limitées dans le temps, sont essentielles puisqu’elles permettent de faire le récit de nos expériences, de développer un second regard sur notre travail, d’échanger de l’information, de créer des solidarités et d’éviter l’isolement. Et dans certains cas, elles sont l’amorce de projets plus sérieux dans lesquels nous choisirons de nous engager. D’apparence banale, ces rencontres sont des lieux de créativité.

 

Par l’usage des médias sociaux, des enseignants et intervenants d'ici et d'ailleurs nous ont invité à les suivre dans les corridors de leur école, à prendre à pause avec eux dans leur salle des profs et, parfois, à prendre place dans leur classe. Ils nous ont partagé leurs réflexions et leurs découvertes, leurs réussites et leurs défis. Nous avons confronté des points de vue et validé notre compréhension des enjeux. De diffusion de l’expertise, le Web est ainsi devenu pour nous un outil de recherche et d’apprentissage. Ce projet qui aurait pu facilement être unidirectionnel – de l’université vers le milieu scolaire – s’est révélé un espace de collaboration. Quelque chose d’un laboratoire érigé par des partenariats informels qui, combiné à des interventions « terrain », met en relation étonnamment directe les milieux scolaire et universitaire.

 

Il va sans dire que le Web demeure un outil. Le « Web 2.0 » ne produit pas des connaissances sui generis et ne peut remplacer les temps de travail en « présence réelle ». N’empêche qu’il ouvre à des savoirs, des pratiques et des relations auxquelles nous ne pourrions avoir accès. L’expertise des uns et des autres est non seulement enrichie, mais elle y trouve un nouveau terreau de développement. Plusieurs enseignants insistent régulièrement sur les avantages « d’une classe ouverte sur le monde » par le recours aux technologies. Nous pourrions dire la même chose à propos de l’université. Université qui, pour toutes sortes de raisons, n’arrive pas toujours à franchir les guérites de son campus. De l’ouverture et de l’échange, le rapport à la construction des savoirs s'en trouve transformé.

 

« En offrant des ressources en éthique et en culture religieuse, Enseigner l'ÉCR! veut appuyer les enseignantes et les enseignants du primaire et du secondaire dans leur pratique. » Telle est la « mission » que notre projet s’est donnée il y a plus d’un an. Voilà qu’aujourd’hui des ajouts et des précisions semblent nécessaires. Il ne s’agit pas tant « d’offrir » qu'être « partenaire » dans l’élaboration d’outils et de ressources, pas tant être présent que participer à l’animation d’un réseau, pas tant se faire entendre qu'écouter et apprendre. Le Web 2.0 est un outil d'intégration : il permet d'établir des liens entre la formation initiale, la formation continue et la pratique enseignante. Il maximise l'énergie et le temps disponibles pour la construction des savoirs. Il permet de faire ce qui serait difficile de faire autrement.

 

Prochain texte : cartographie du réseau collaboratif

 

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Analyses|réflexions

Didactique de l'ECR au primaire

par Enseigner l'ÉCR 2 novembre 2011 10:15

Enseigner l'ECR au primaire est un défi? Sous forme de groupe de développement pédagogique et didactique, le cours EER-2900 offert à l'hiver 2012 vise développer les compétences qui permettront de proposer des situations d’apprentissage stimulantes afin non seulement d’atteindre les finalités du programme ECR, mais également d’enrichir la vie de l’école et de contribuer globalement à la formation des élèves.

 

Vous trouverez plus d'informations ici:EER-2900 H12.pdf (446,48 kb)

 

Bien que réservé aux étudiantes et étudiants inscrits au baccalauréat en enseignement primaire à l'Université Laval, des aménagements administratifs seraient possibles pour des enseignants en exercices intéressés à suivre cette formation.

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À l'agenda | Actualités

Pourquoi pratiquer le dialogue en ECR?

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 26 octobre 2011 16:27

L’un des plus grands défis de l’enseignement de l’ÉCR tient en la compréhension du programme. Une compréhension jamais arrêtée, en développement constant à mesure que l’ÉCR prend vie dans les écoles du Québec et que se développe la recherche et l’expertise en ce domaine. L’intention de cette rubrique n’est pas tant de fournir des réponses que soumettre des questions d’enseignants, glanées ici et là, à la réflexion collective… Merci d’y contribuer!

* * *

Simple constat didactique : en explorant des SAÉ et en discutant avec des enseignants, il arrive parfois de noter que la pratique du dialogue semble « plaquée ». On tente de comprendre une expression du religieux ou de réfléchir sur une question éthique et on « place » le dialogue – quand on y trouve une place – ici ou là. Pourquoi? Parce qu’il faut bien développer cette compétence. Comment? Tout dépend des formes et moyens qui n’ont pas encore été abordés.

 

Pourtant, le dialogue est plus qu’une troisième compétence prévue au programme. Il s’agit d’une exigence tant pour la réflexion éthique que pour la compréhension du phénomène religieux.

 

Imaginons un instant que nous en soyons dispensés.

 

Face à une expression du religieux (récit, objet, pratique, valeur, élément fondamental, référence dans l’art, etc.),  les élèves devront l’explorer/analyser, établir des liens avec l’environnement, considérer une diversité de façon de penser, d’être et d’agir (composantes C2). Qui plus est, il se peut qu’ils le fassent pour plus d’une tradition. Comment arriveront-ils à développer une compréhension de cette expression? En organisant leur pensée, en interagissant avec les autres, en élaborant un regard (point de vue) sur l’expression en question (composante C3). Ce faisant, ne seront-ils pas obligés de dialoguer? Voilà ce qui différencie, entre autres, une approche culturelle d’une approche confessionnelle : il n’y a pas qu’une seule façon d’appréhender le religieux. Les sciences des religions – ce discours non-confessant sur le religieux – relèvent d’un dialogue entre différentes disciplines et points de vue : sociologiques, anthropologiques, historiques, psychologiques, philosophiques, philologiques, archéologiques, etc.

 

Une réflexion éthique qui ne nécessiterait pas de dialogue – minimalement avec ceux qui, dans l’histoire, ont pensé avant nous – ne serait pas éthique, mais morale. C’est bien ce qui distingue la morale de l’éthique : il n’y a pas qu’une seule « bonne » réponse. Il y a tension entre des valeurs et des points de vue. Il y a place à…  réflexion.

 

Dès lors, tout en respectant la progression des apprentissages, ce sont les questions éthiques et les expressions du religieux étudiées qui devraient dicter les formes du dialogue, les moyens  pour élaborer un point de vue et les moyens pour interroger un point de vue. Quelle(s) forme(s) et quels moyens favorisent, à ce moment-ci dans l’activité d’apprentissage, la compréhension du phénomène religieux et la réflexion éthique? À ce moment, la pratique du dialogue devient signifiante et cohérente avec l’ensemble de la SAÉ. Et, ce faisant, son évaluation est d’autant plus simplifiée, notamment en regard des nouveaux critères qui participent davantage encore de cette compréhension du sens et du rôle de la compétence.


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Questions d'enseignants

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