Dans les corridors du congrès de l’AQECR

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 19 novembre 2010 11:37

Les habitués le savent : des ateliers, des conférences, des plénières ne font pas un congrès. Les discussions de corridors, de salle à manger et de cocktails sont aussi des moments forts. J’en connais qui prétendent même que l’essentiel s’y trouve… 

Alors, qu’a-t-on entendu dans les couloirs du congrès de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQECR)? Les bons coups des uns, le plaisir d’enseigner des autres et les préoccupations qui les accompagnent, forcément. S’il est plutôt risqué d’identifier un sujet dominant, disons tout de même que les conditions d’enseignement ont été mises sur le tapis fleuri de l’hôtel Le Chanteclerc. Comme si après avoir apprivoisé les nouveautés introduites par le programme, voilà que les enseignants doivent composer avec un contexte scolaire dont nous connaissons trop bien la réalité. Pourtant. Alors que les moyens sont souvent en retard sur les ambitions, il a été possible d’entendre des récits où la créativité, le professionnalisme et la compréhension des finalités du programme font honneur à la profession.

Bien sûr, certains se plairont à considérer ces défis comme autant de désaveux. Nous savons trop bien cependant que les causes premières ne sont pas d’abord liées à l’ÉCR, mais à l’organisation d’un système aux ressources limitées. Bien que les enjeux soient différents, des spécialistes d’autres champs disciplinaires pourraient formuler des récriminations de même nature. La question est donc de savoir comment faire mieux dans la situation. Et l’erreur serait de n’y voir là que le défi des enseignants, alors qu’il est tout autant celui des décideurs de tous niveaux que des responsables de la formation initiale et de la formation continue.

Les solutions? Toujours les mêmes : la maîtrise des contenus, l’habileté pour la pratique du dialogue, du temps et des conditions d’enseignement favorables… Néanmoins, une conviction sort renforcée de ce congrès : lorsqu’on se donne les moyens de développer, avec d’autres, une meilleure compréhension du programme, on découvre à la fois ses limites (au sens positif puisqu’un programme est nécessairement limité : il s’agit de sa fonction) et ses potentialités. Dès lors, il suffit d’un peu de créativité dans les approches pédagogiques et voilà que l’ÉCR devient une « grande » matière. C’est à tout le moins ce que l’on apprend lorsqu’on écoute les enseignants qui donnent vie à ce programme.    

Dans cette perspective, on saisit rapidement qu’à titre d’instance de représentation et de lieu d’échange, l’AQECR est incontournable. On ne peut que souhaiter qu’elle maintienne son dynamisme et qu’elle gagne en reconnaissance. Un jugement de valeur, dites-vous? Non, de réalité.

 

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