L’un des plus grands défis de l’enseignement de l’ÉCR tient en la compréhension du programme. Une compréhension jamais arrêtée, en développement constant à mesure que l’ÉCR prend vie dans les écoles du Québec et que se développe la recherche et l’expertise en ce domaine. L’intention de cette rubrique n’est pas tant de fournir des réponses que soumettre des questions d’enseignants, glanées ici et là, à la réflexion collective… Merci d’y contribuer!
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Simple constat didactique : en explorant des SAÉ et en discutant avec des enseignants, il arrive parfois de noter que la pratique du dialogue semble « plaquée ». On tente de comprendre une expression du religieux ou de réfléchir sur une question éthique et on « place » le dialogue – quand on y trouve une place – ici ou là. Pourquoi? Parce qu’il faut bien développer cette compétence. Comment? Tout dépend des formes et moyens qui n’ont pas encore été abordés.
Pourtant, le dialogue est plus qu’une troisième compétence prévue au programme. Il s’agit d’une exigence tant pour la réflexion éthique que pour la compréhension du phénomène religieux.
Imaginons un instant que nous en soyons dispensés.

Face à une expression du religieux (récit, objet, pratique, valeur, élément fondamental, référence dans l’art, etc.), les élèves devront l’explorer/analyser, établir des liens avec l’environnement, considérer une diversité de façon de penser, d’être et d’agir (composantes C2). Qui plus est, il se peut qu’ils le fassent pour plus d’une tradition. Comment arriveront-ils à développer une compréhension de cette expression? En organisant leur pensée, en interagissant avec les autres, en élaborant un regard (point de vue) sur l’expression en question (composante C3). Ce faisant, ne seront-ils pas obligés de dialoguer? Voilà ce qui différencie, entre autres, une approche culturelle d’une approche confessionnelle : il n’y a pas qu’une seule façon d’appréhender le religieux. Les sciences des religions – ce discours non-confessant sur le religieux – relèvent d’un dialogue entre différentes disciplines et points de vue : sociologiques, anthropologiques, historiques, psychologiques, philosophiques, philologiques, archéologiques, etc.
Une réflexion éthique qui ne nécessiterait pas de dialogue – minimalement avec ceux qui, dans l’histoire, ont pensé avant nous – ne serait pas éthique, mais morale. C’est bien ce qui distingue la morale de l’éthique : il n’y a pas qu’une seule « bonne » réponse. Il y a tension entre des valeurs et des points de vue. Il y a place à… réflexion.
Dès lors, tout en respectant la progression des apprentissages, ce sont les questions éthiques et les expressions du religieux étudiées qui devraient dicter les formes du dialogue, les moyens pour élaborer un point de vue et les moyens pour interroger un point de vue. Quelle(s) forme(s) et quels moyens favorisent, à ce moment-ci dans l’activité d’apprentissage, la compréhension du phénomène religieux et la réflexion éthique? À ce moment, la pratique du dialogue devient signifiante et cohérente avec l’ensemble de la SAÉ. Et, ce faisant, son évaluation est d’autant plus simplifiée, notamment en regard des nouveaux critères qui participent davantage encore de cette compréhension du sens et du rôle de la compétence.